Retour à la traversée gratuite de l'hôpital
pétition publiée le 01/12/2025 par :
François Bernhard
Depuis le 1er juillet 2025, il faut acquitter un péage de 40 cents pour pouvoir traverser l’hôpital civil. Pour déposer et reprendre une personne à mobilité réduite à son rendez-vous, cela veut dire 80 cents à chaque fois. Le parking est à 2 euros de l'heure et le stationnement en voirie dans le quartier est au tarif orange de 1,70 de l'heure.
Il s'agit là d'une exploitation absolument injuste de la souffrance humaine! Je demande au moins le retour à un plage gratuite de 15 min.
Maire de Strasbourg
Madame la Maire, Mesdames et Messieurs des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Soyons clairs : le sujet n’est pas ici le stationnement. Le problème est ailleurs. Il est dans cette décision absurde de rendre payante la simple traversée de l’Hôpital civil, comme si l’on pouvait effacer d’un coup de barrière un usage ancien, connu, intégré à la vie quotidienne de Strasbourg. L’Hôpital civil n’est pas seulement un ensemble de bâtiments médicaux posé hors du monde. Il est aussi, depuis longtemps, un passage urbain naturel, un morceau de ville traversé par la ville elle-même. On y passe pour aller d’un quartier à l’autre, pour éviter des détours inutiles, pour accompagner quelqu’un, pour circuler simplement dans une ville déjà assez compliquée comme cela. Faire payer 40 centimes cette traversée ne règle rien. Cela ne soigne personne, cela n’apaise pas la circulation, cela ne rend pas l’espace plus intelligent. Cela ajoute seulement une petite humiliation administrative à un quotidien déjà saturé de contraintes. Quarante centimes, ce n’est presque rien, dira-t-on. Justement. C’est presque rien financièrement, mais c’est beaucoup symboliquement. C’est le prix minuscule d’une grande mauvaise idée. On nous explique qu’il fallait empêcher les automobilistes d’utiliser le site comme raccourci. Mais depuis quand un raccourci est-il, en soi, une faute morale ? Une ville vivante est faite de passages, d’habitudes, de chemins pratiques. Vouloir supprimer toute fluidité au nom d’une vision punitive de la voiture, c’est confondre urbanisme et pénitence. Le vrai désordre, dans cette zone, ne vient pas seulement des voitures. Il vient d’une circulation mal pensée, de feux mal réglés, de détours imposés, d’un quai Menahem Taffel devenu pour beaucoup un petit laboratoire de l’absurde, et aussi de comportements dangereux que l’on préfère parfois ne pas nommer, notamment chez certains cyclistes qui traversent l’espace public comme si le code de la route était une vieille superstition bourgeoise. Madame la Maire, Strasbourg a besoin d’ordre, mais pas d’un ordre bureaucratique qui multiplie les barrières. Elle a besoin d’un ordre lisible, humain, pratique. L’ancienne traversée de l’Hôpital civil avait du sens. Elle permettait de respirer un peu dans un secteur déjà saturé. La rendre payante fut une erreur. La maintenir payante serait de l’entêtement. Merci à Monsieur Bernhard d’avoir ouvert cette pétition. Elle pose une question simple : veut-on une ville pensée pour les habitants, ou une ville où chaque usage pratique devient suspect, chaque voiture devient coupable, chaque trajet devient un exercice de soumission ? Madame la Maire, vous avez été élue aussi pour remettre du bon sens là où l’idéologie a compliqué la vie quotidienne. Alors oui, il faut rouvrir raisonnablement cette traversée. Non pas transformer l’hôpital en autoroute, mais reconnaître qu’il a toujours été aussi un passage de ville. Il faut cesser de punir l’usage normal. Il faut cesser de confondre circulation et délinquance. Il faut rendre à Strasbourg ses chemins simples, ses respirations, ses évidences.